Kunstmuseum aan zee Collecties van
de Vlaamse Gemeenschap
en
Stad Oostende

Pour fêter ses 10 ans d’existence, Mu.ZEE a choisi de faire dialoguer sa propre collection d’art belge avec une collection privée rassemblant des œuvres originaires de Kinshasa. Pendant huit mois, le musée va ainsi tenter de jeter un éclairage nouveau sur le passé, le présent et l’avenir. La réunion des deux collections et l’étroite collaboration nouée avec des partenaires de Kinshasa n’a d’autre but que d’encourager une direction collégiale. Plus que jamais, Mu.ZEE récuse la position dominante adoptée par un trop grand nombre d’institutions culturelles : le musée veut au contraire nouer un dialogue et soulever des questions sans y apporter de réponses toutes faites ; il souhaite créer des liens transhistoriques et transgéographiques, interpeller plutôt qu’affirmer.

 
Les collections de Kinshasa et Oostende ont été simultanément constituées, quoique la collection d’Ostende ait des origines plus anciennes. Les collections de la province de Flandre occidentale et de la Ville d’Ostende ont été rassemblées il y a dix ans au sein de Mu.ZEE. Depuis cette date, le musée poursuit une politique d’acquisitions  ouverte à des artistes qui ne sont pas nécessairement nés en Belgique mais qui y résident et y travaillent. Peu après la naissance de Mu.ZEE, un coopérant humanitaire belge a pareillement commencé à collectionner des œuvres d’art et des documents d’archives à Kinshasa. Grâce à la relation privilégiée qu’il a su développer avec des artistes encore relativement méconnus, sa collection possède une immense valeur historique. En 2017, Mu.ZEE a la chance de pouvoir bénéficier d’un prêt à long terme de cette inestimable collection. De très nombreuses questions concernant sa constitution, sa conservation et sa gestion se sont immédiatement fait jour, des recherches en histoire de l’art ont aussitôt été lancées, si bien que Mu.ZEE a décidé, à l’occasion de son 10e anniversaire, d’organiser une exposition qui permette de la faire entrer en dialogue avec sa propre collection.
 
Parmi les œuvres provenant de Kinshasa, 'L’artiste Africain' de Francis Mampuya, à travers laquelle le peintre réagit au regard que le monde artistique occidental porte sur l’Afrique. Des expositions telles que « Congo Kitoko » prennent le Congo – et plus souvent encore l’ensemble de l’Afrique – comme point de départ, tandis que le travail des artistes invités questionne d’autres sujets. Une telle démarche les réduit à leur seul lieu de naissance et ranime un parfum d’exotisme suranné. Trop souvent, les artistes participants sont à peine rémunérés et Mampuya dénonce ces formes d’exploitation. En déterminant qui a le droit d’être exposé ou non, les pays occidentaux font preuve d’un comportement néocolonial.
 
Quel engagement un musée peut-il ou doit-il prendre en faveur de l’art moderne et contemporain ? Quelles évidences convient-il de contester et quels points de vue faut-il adopter ? Mu.ZEE estime qu’il est grand temps de remettre en question l’hégémonie occidentale et de repenser les liens globaux. À travers son action, sa programmation et sa politique d’acquisitions, le musée veut refléter la société d’aujourd’hui, sans reproduire les structures de pouvoir actuelles, qui passent d’ailleurs souvent inaperçues. Les collections résultent de choix forts qui reposent sur des convictions et la confiance placée en certains artistes, dans un dialogue permanent avec différentes variables. Il importe d’entourer les œuvres du contexte dont elles ont besoin et de ne pas prétendre incarner tel ou tel canon.
 
Au moment où il est transféré à la Communauté flamande, Mu.ZEE s’efforce de rendre visibles les mécanismes qui fondent l’action muséale afin d’engager une réflexion collective. Au moyen de différents changements de présentation et séquences discursives, l’exposition instaure concomitamment un dialogue avec – mais aussi entre – les œuvres et les artistes, les visiteurs, les collections, les multiples histoires et les perspectives d’avenir. À travers sa mise en lumière des œuvres, Mu.ZEE entend se libérer de l’idéal de civilisation ou de progrès. Il s’agit au contraire d’encourager les associations neuves et originales, de même que la possibilité de faire des choix qui ne vont pas de soi. Faire entendre plus de voix et les rendre mieux audibles ; mettre au jour les différentes facettes d’une même histoire.
 
Seeing, thinking, doing: the museum as a site of creative exchange
https://blog.muzee.be


Aperçu des expositions en cours »

16/12/2017 - 12/08/2018