Kunstmuseum aan zee Collecties van
de Provincie
West-Vlaanderen en
de Stad Oostende
Nikolaas Demoen à propos de son projet DISCUTER LA PEINTURE.
 
A L’installation vidéo DISCUTER LA PEINTURE.

Projection simultanée présentée sur trois écrans :

1. un enregistrement de 10 peintures à l’huile (40x50 cm) réalisées par mes soins. La caméra scanne lentement la surface de l’image de 10 peintures présentées par 10 philosophes français du XXe siècle : Foucault, Deleuze, Badiou, Derrida, Barthes, Sartres, Rancières, Lacan, ... ce qu’on voit, ce sont les poses peintes d’un certain type d’artistes. Chaque philosophe fait un geste différent. La tête est couverte d’un masque d’oiseau stylisé. Les tableaux s’élaborent entièrement par le souvenir, sans l’utilisation de matériel photographique.

2. sur le deuxième écran, les noms de couleurs à l’huile apparaissent lentement en lettres blanches sur fond noir.

3. sur le troisième écran, on voit un enregistrement montrant d’un philosophe en train de se promener dans la nature.
Le son de la vidéo est celui des conversations entre les 10 oiseaux : pigeon, merle, pivert, grive… à chaque nouveau philosophe qui apparaît à l’image, on entend un autre oiseau siffler.

Tous les enregistrements sont filmés en noir et blanc et possèdent un rythme lent. La caméra fait un gros plan sur les détails des tableaux de sorte que la couche supérieure de peinture trouve explicitement le moyen de s’exprimer. Le film semble en réalité avoir été tourné du vivant des philosophes. Jef Cornelis a réalisé durant cette même période des documentaires sur l’art dans lesquels il alternait les gros plans et les zooms en plan général sur les objets d’art. DISCUTER LA PEINTURE signifie d’une part que le médium est mis en question. On discute sur le sens et le non-sens de la peinture. D’autre part, cela signifie que les différents personnages prennent vie comme les tableaux pour mener un incompréhensible débat d’oiseaux.
La dernière œuvre de l’exposition représente un long leporello (« livre accordéon ») intitulé « Birdsong », dans lequel tous les personnages sont passés en revue comme dans un travelling effectué de gauche à droite et de droite à gauche. Ce livre illustré de gravures sur bois est imprimé en six exemplaires.
Cette dernière œuvre forme également un écho inattendu à l’exposition de Frans Masereel.
 
B Le livre DISCUTER LA PEINTURE.

Avec une tête d’oiseau stylisé en styrofoam, je vais reproduire les mêmes poses que dans les tableaux. Les œuvres peintes « d’après l’imagination » sont maintenant contrefaites par le truchement de la photographie. Ce retournement de situation (de nos jours, l’habitude est de photographier d’abord ce qu’on va peindre), est également un souvenir du XXe siècle.
Les photos sont en noir et blanc et prises dans une forêt du Nord de la France. Entre les photos figure un texte de Hans Demeyer sur le mystérieux épanouissement de la philosophie dans la France de l’après Seconde Guerre mondiale. Phillip Van den Bossche écrit un texte sur le pouvoir d’attraction de la peinture.
C’est seulement tout à la fin que surgissent inopinément et en couleurs les 10 tableaux originaux. Ces tableaux sont (pour le moment) montrés nulle part ailleurs. Le livre doit avoir l’apparence d’un Livre de Poche français typique. Un peu rébarbatif et de petit format ; à lire assis au Café de Flore à Paris. Avec ce projet, j’essaie réunir les différentes voies - musée, éditeur, écrivain, artiste – pour mener une réflexion sur la peinture et la philosophie.
DISCUTER LA PEINTURE ne se limite pas à l’histoire des philosophes français mais se reflète dans notre manière de fréquenter aujourd’hui les arts plastiques. La question de savoir si nous prenons tous le même chemin ou s’il y a de la place pour la réflexion dépendra de l’ouverture d’esprit des médias, de galeries réceptives et des pouvoirs publics.
J’essaie donc de faire de l’art avec un certain recul qui soit plutôt une réflexion sur l’art et l’histoire de l’art. En travaillant dans les tableaux avec des détails cubistes et pointillistes, je cite des traits de style antérieurs aux philosophes français de cette époque. Je m’approprie ces techniques modernistes de manière post-post-moderne ; sans ironie et le plus souvent par le prisme d’une nostalgie mélancolique.


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15/04 - 06/08/2017